Le bois composite : grande polyvalence et limites environnementales

Dans un contexte où la construction doit impérativement réduire son empreinte carbone, le bois s’impose comme matériau de choix.
Mais qu’en est-il vraiment du bois composite ou WPC (Wood Plastic Composite), ce matériau hybride composé de fibres végétales (copeaux ou sciures de bois) et de polymères thermoplastiques (comme le polyéthylène ou le PVC) ?

Qu’est-ce que le bois composite ?

Le bois composite est un matériau hybride composé de fibres végétales (souvent des copeaux ou sciures de bois) et de polymères thermoplastiques (comme le polyéthylène ou le PVC), parfois issus du recyclage. Des additifs peuvent être ajoutés pour améliorer la tenue aux UV, la couleur ou la stabilité dimensionnelle.

Les proportions varient selon les fabricants, mais on retrouve généralement :

  • 50 à 70 % de fibres de bois
  • 30 à 50 % de plastiques recyclés ou vierges

 

Ce mélange donne naissance à des lames, panneaux ou profilés utilisés dans de nombreux domaines de la construction et de l’aménagement (terrasses, bardages, clôtures et escaliers extérieurs, pergolas…).

Quels atouts et quel impact environnemental ?

Le bois composite, bien sûr, n’est pas dénué d’avantages environnementaux :

  • Il valorise les déchets ou sous-produits de l’industrie du bois, comme les copeaux ou les sciures.
  • Grâce à sa haute résistance (à l’humidité, aux UV, aux insectes), le bois composite est durable dans le temps. Cette durabilité réduit la nécessité de remplacement fréquent et l’emploi à cette fin de nouvelles ressources.
  • Le bois composite nécessite un entretien réduit, sans traitements chimiques réguliers (comme des lasures ou des vernis), ce qui limite l’usage de produits potentiellement polluants.
  • Certains bois composites peuvent être recyclés en fin de vie, bien que cela dépende des polymères utilisés et des procédés de fabrication.

Mais peut-on pour autant qualifier le bois composite de solution environnementale ?

Plusieurs points démontrent en effet les limites écologiques du matériau.

  • Les polymères thermoplastiques utilisés dans la conception du bois composite (polyéthylène, PVC, etc.) sont issus de ressources fossiles et leur production est elle-même énergivore, deux aspects qui viennent alourdir le bilan carbone du matériau.
  • Bien que théoriquement recyclable, le mélange de fibres végétales et de plastiques rend le processus complexe. Dans la pratique, de nombreux bois composites finissent en décharge ou incinérés et contribuent à la pollution environnementale.


Bref, le bois composite n’est pas un matériau “vert” au sens strict et son impact carbone sera toujours plus élevé qu’un bois massif (a fortiori d’origine locale et issu de forêts gérées durablement) qui stockera du carbone tout au long de sa vie.
Pour autant, en raison de sa polyvalence, de sa grande résistance et de sa facilité d’usage et d’entretien, il s’avérera un compromis intelligent et un choix largement plus écoresponsable que certains bois exotiques ou plastiques vierges.

Quelles perspectives ?

Pour réduire l’empreinte carbone du bois composite, des innovations émergent, comme l’utilisation de polymères biosourcés (issus de matières végétales) à la place des plastiques fossiles. Ces alternatives pourraient rendre le bois composite plus respectueux de l’environnement tout en conservant ses avantages techniques.

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