Le point de vue de l'Urbanisme
Que se soit en ville ou dans nos villages, de nombreuses constructions en bois sont visibles partout en Wallonie. Les Carnets d’Architecture Bois édités chaque année par l’asbl Bois & Habitat en présentent chaque année de multiples exemples d’une grande qualité architecturale.
Si auparavant le bois n’avait pas toujours une excellente réputation auprès de l’administration de l’urbanisme, c’était pour diverses raisons, la principale étant la crainte de voir importés dans nos régions des modèles architecturaux étrangers (chalets de montagne et autres) et donc en totale rupture avec les différentes typologies d’habitat rencontrées chez nous.
En matière de construction et d’urbanisme, il est important de distinguer deux éléments : d’une part, le système constructif, d’autre part, les revêtements de parois.
Les techniques de construction actuelles permettent de distinguer l’un et l’autre. Un bâtiment dont la structure est en béton peut être revêtu de bois, tout comme une structure en bois peut être revêtue entièrement de briques, de pierres ou bien évidement d’un bardage en bois. Techniquement, le choix reste donc libre quant à l’aspect final du bâtiment. Le matériau de structure portante de la construction n’est donc pas en cause lors de l’octroi d’un permis de bâtir. Seuls comptent la volumétrie et l’aspect général qu’offre le revêtement extérieur du bâtiment. A l’intérieur, la structure peut être recouverte de panneaux de bois, de planchettes ou de panneaux de plâtre à peindre.
L’urbanisme a pour vocation principale d’assurer l’intégration harmonieuse des espaces construits dans l’ensemble du paysage urbain ou rural. L’usage du bois n’échappe pas à cette évolution : de matériau de structure et de charpente dans le passé, il s’affirme aussi de nos jours comme un matériau de bardage capable d’exprimer une architecture à la fois contemporaine, écologique et respectueuse de son contexte.
Un permis d’urbanisme est octroyé si les règles urbanistiques en vigueur ainsi que la typologie locale sont respectées. Quel que soit le type de bâtiment et les matériaux utilisés, il existe des règles générales à prendre en considération : l’intégration harmonieuse par rapport au bâti existant, en matière d’implantation, de volumétrie et de façades (expression architecturale, type et tonalité des matériaux utilisés). Il est donc conseillé de se renseigner au préalable sur les prescriptions urbanistiques en application à l’endroit de la future construction avant d’entamer la conception d’un projet.
Dans le cas où le bois est apparent, ce n’est en général pas le matériau bois lui-même qui constitue un frein mais bien l’expression architecturale qui lui est associée. La construction en bois devra être conçue de manière à être en phase avec la typologie locale et les dispositions réglementaires en vigueur en ce qui concerne la volumétrie (pas de débordement de toiture, angles du bâtiment sans élément saillant,…) et l’expression des façades (parements mis en oeuvre de manière à former une paroi plane ; mixité des matériaux possible, si conservation de l’unicité volumétrique de la construction ; utilisation préférentielle des matériaux locaux ; teinte de bois en accord avec la tonalité dominante du bâti existant, …).
Une maison en bois peut aisément éviter un aspect rustique. Le bois, par sa souplesse et sa légèreté, permet la composition de volumes inédits et d’espaces répondant aux besoins actuels ; le bois admet toutes les audaces, tant architecturales que structurelles. La construction en bois peut désormais s’affranchir des stéréotypes réducteurs.
Les qualités esthétiques des solutions techniques qu’offre le bois et la palette de teintes disponibles leur donnent une grande faculté d’intégration. La brique, le béton, la pierre bleue, le grès, le schiste, le crépi, l’ardoise, le verre sont autant de matériaux susceptibles de se combiner avec le bois et de donner des résultats du plus bel effet.
Pour une nouvelle génération de maîtres d’ouvrage et d’architectes, la construction en bois est devenue synonyme d’architecture contemporaine et respectueuse de l’environnement, capable de répondre à de nombreux programmes publics ou privés. La tendance actuelle montre une prise de position moins catégorique de la part des responsables de l’urbanisme vis-à-vis de projets de construction en bois. En région wallonne et bruxelloise l’utilisation du bois est admise dans de nombreux cas. Elle permet de réaliser des constructions qui peuvent parfaitement s’intégrer dans n’importe quel type d’environnements bâtis, qu’ils soient urbains ou ruraux.