Bref historique

La maison en bois du fond des âges à nos jours

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Le premier millénaire


Tout au long de notre préhistoire, et jusqu’à la fin du 1er millénaire, nous retrouvons un mode de construction totalement fait :

puce de bois (pour la structure)
puce de joncs tressés couverts d’un mélange de terre (pour remplissage et cloisons)
puce de paille en roseaux (pour couverture de toit)

Même les ouvrages à mission défensive ne font pas exception en utilisant eux aussi le bois comme matériau principal.


Du moyen âge jusqu’au 17ème


La grosse majorité du paysage bâti est constituée de chaumières construites en bois, terre et chaume selon la technique du "pan de bois" ou plus communément appelée "colombages".

De nombreux ouvrages à travers le pays témoignent encore de ce mode de construction même si leur structure de bois ne se laisse voir qu’en leur pignon car les murs gouttereaux en façade ont plus souvent été enduit pour répondre aux modes plus récentes. Cet enduit est appliqué sur une vannerie ligneuse, sorte d’armature de joncs tressés appelé "cléonage".

Cependant, les "bâtisses dites d’exception" abritant les seigneurs et le clergé vont progressivement s’ériger en pierres afin de se protéger plus efficacement contre les bandes de pillards qui sévissent à cette époque.

La Renaissance


Si jusqu’alors le bois d’oeuvre est abondant, une surexploitation anarchique de ce patrimoine forestier entraînera progressivement une raréfaction du matériau bois.

L’autre facteur important qui a contribué au déclin progressif des constructions en bois est le risque d’incendie qui poussera également les édiles communaux à promulguer différentes lois limitant, ou même interdisant, d’édifier des maisons en colombage.
C’est pourtant à tort que l’on incrimine le bois comme premier responsable des incendies alors que ce sont les toitures en chaume qui, aidées par la concentration de l’habitat urbain, permettaient la rapide propagation des incendies.

Le 17ème confirmera l’apparition d’une classe bourgeoise plus riche et désireuse d’afficher ses acquis sociaux en adoptant à son tour un modèle de construction en pierres et briques jusqu’ici réservé à l’aristocratie et au clergé. Et, si le colombage structure toujours le bâtiment, il sera recouvert d’un enduit minéral mis en oeuvre de telle sorte qu’il donne l’apparence d’un mur de pierres.

Les Temps Modernes


La situation de notre patrimoine forestier ne s’améliore pas, et pour cause :

puce les résineux introduits dans nos régions fin 19ème sont massivement utilisés en bois de mine.
puce l’industrie naissante ainsi que le chemin de fer mettront sérieusement en péril la réserve de bois d’œuvre.

Le manque de bois et le phénomène de mode lient de plus en plus la pierre et la brique à une certaine idée de modernisme reléguant le bois à l’archaïsme. L’industrialisation en pleine expansion permettra de répondre à cette carence en fabriquant de nouveaux matériaux tels la brique usinée, la fonte, aidée en cela par un réseau de transports amélioré.

Des Temps Modernes à nos jours


Tandis que chez nous les constructions en bois tendent à disparaître, de l’autre côté de l’Atlantique, elles connaissent un succès phénoménal. Dans le Canada du début de ce siècle, 90% de l’ensemble des maisons sont à colombage.

La technique du colombage cependant évoluera grâce à l’apparition

puce du clou fabriqué mécaniquement
puce de la scierie mécanique permettant de produire du bois d’œuvre calibré
puce du panneau de bois déroulé

Ceci va permettre de faire évoluer le colombage vers ce que nous appelons aujourd’hui la construction à ossature bois. C’est à travers toute l’Amérique du Nord que ce système va connaître un très grand succès car il va permettre l’édification rapide de maisons confortables dans un pays en pleine croissance industrielle.

La Belgique reste totalement à l’écart de ce mouvement qui touchera largement la Scandinavie et les pays germaniques. II faudra environ 3 siècles pour que la construction obtienne à nouveau droit de cité dans nos contrées…